PRÉSENTATION
Ce projet est né d’une rencontre inopinée avec Rémi Helder, docteur à l’Université de Reims et directeur du CERFE.
(Centre de Recherche et de Formation en Eco-éthologie, basé à Boult-au-Bois dans les Ardennes, www.cerfe.com).
Alors que je l’interroge sur ses activités, il me confie dans un sourire : « Je dois convaincre les forestiers de laisser leurs
ornières de tracteur intactes, pour sauver un petit crapaud qui a pris l’habitude de s’y reproduire ».
Aussitôt, la scène se forme dans ma tête : j’imagine la fragilité de la position du scientifique et l’ahurissement d’un chef
d’entreprise devant sa demande. J’imagine le point de vue du bûcheron tenu aux exigences de rendement et d’efficacité. Et
je trouve qu’il y a là une matière théâtrale merveilleuse.
Tout l’enjeu de la préservation de la nature est résumé dans ce face à face entre un minuscule crapaud et un énorme
tracteur, entre les enjeux économiques d’un forestier et l’ampleur de la révolution psychologique et logistique qu’il lui
faut entreprendre si on le convainc de l’importance de sauver le précieux amphibien.
Je trouve aussi passionnant que l’être humain ait malencontreusement créé un lieu de reproduction pour le Sonneur à ventre jaune.
Nous ne sommes pas en dehors de la nature, ni séparés d’elle mais nous y participons et faisons partie d’elle.
Enfin, je pense à tous les humains du territoire se penchant au-dessus du « sonneur ». Exploitants forestiers, conducteurs
d’engins, chasseurs, promeneurs, scientifiques, naturalistes, élus de terrain… Je vois leurs points de vue contradictoires,
leur bonne volonté, leurs intérêts et leurs croyances, et tout ce petit monde se défend devant l’évidence : un minuscule
crapaud nous invite à changer nos habitudes car nous partageons avec lui un mystère qu’il nous faut apprendre à respecter, la vie.
Vincent Clergironnet (auteur)

LE SONNEUR À VENTRE JAUNE
Taille : entre 3,5 et 5,5 cm
Signe distinctif : pupille en forme de cœur
Face dorsale marron-grise, verruqueuse permettant un excellent camouflage
Face ventrale jaune vif constellée de tâches noires : c’est sa signature !
Cela lui permet de se défendre des prédateurs devant lesquels il fait volte face pour signifier sa toxicité…
Toxicité, bien réelle ! Il peut libérer un liquide jaune et visqueux qui irrite les yeux et dégage une odeur repoussante.
Il est l’amphibien le plus toxique d’Europe (même s’il n’est pas mortel et ne produit qu’une légère irritation)
Longévité : jusqu’à 29 ans !
